Ciné-débat organisé au Pôle étudiant de l'Université de Nantes mardi 22 janvier 2019

Ciné-débat : « Regarde Ailleurs »

En ce début d'année 2019, Safe Migrants Nantes a organisé un ciné-débat autour du film « Regarde Ailleurs » d'Arthur Levivier pour discuter de la situation des migrants à Calais et à Nantes. Etudiant.e.s, professeur.e.s, migrants, militant.e.s associatifs et politiques, en tout ce sont 70 personnes qui se sont réunies pour une heure et demi d’un film qui a déclenché de nombreuses questions.

En ce début d'année 2019, Safe Migrants Nantes a organisé un ciné-débat autour du film « Regarde Ailleurs » d'Arthur Levivier pour discuter de la situation des migrants, à Calais et à Nantes. Etudiant.e.s, professeur.e.s, migrants, militant.e.s associatifs et politiques, en tout ce sont 70 personnes qui se sont réunies pour une heure et demi d’un film qui a déclenché de nombreuses questions.

Redonner la parole aux migrants

« L'Europe, États de droit et terres d’accueil ? Regarde Ailleurs dénonce ce qu’il se passe dans de nombreuses villes européennes en prenant l’exemple de Calais. De l'expulsion de la «jungle» en octobre 2016 jusqu’à la situation sur place un an plus tard, Arthur a partagé des moments de vie avec des hommes et des femmes d’origine soudanaise, afghane, éthiopienne, érythréenne et des habitants de Calais. En soulignant le décalage qu’il existe entre le terrain et les discours officiels, ce film nous montre la stratégie mise en place pour dissuader les exilés de rester. Avec des méthodes de tournage originales et son regard citoyen, le réalisateur a réussi à filmer le harcèlement étatique, les mises en scène médiatiques, mais aussi la force et l’humour des exilés. »

Dossier de presse Regarde Ailleurs, p.4

C’est bien ça qui est au cœur du film : redonner une voix, un visage, un sourire aux migrants à qui on ne tend pas assez le micro. Quand Arthur Levivier se donne pour tâche de « rendre une humanité au terme "migrants" », il le fait avec tout le respect de la diversité de cette humanité, représentée par la variété de langues entendues dans le film et les différents parcours racontés. Certains sont venus pour fuir la misère, d’autres la guerre ou la dictature. Certains migrants veulent rester en France, d’autres veulent partir, en Angleterre ou ailleurs, d’autres rentrer au pays. Tous veulent la liberté.

Où en est la situation à Nantes ?

A Nantes, on ne vient pas pour aller en Angleterre, mais pour rester, s’installer, « s’insérer ans le tissu économique » comme dit un soutien dans le film. La situation à Calais un an après le démantèlement de la jungle est proche de celle que connaît Nantes depuis des années : des migrants qui n’ont nulle part où aller et qui sont brinqueballés de square en squat suite à des interventions policières – à Nantes : les Beaux-Arts, l’Université, l’ancien Ehpad Bréa, le square Daviais, les gymnases – et des habitants que l’on maintient dans l’ignorance de la situation. Difficile pour les migrants de revendiquer des droits, encore moins de trouver un logement et un travail, conditions pour redémarrer une vie et sortir de la survie.

Que faire alors ?

En parler autour de soi, et discuter entre associations pour mieux se coordonner, sont des pistes proposées pendant la discussion. De nombreuses associations à Nantes et ailleurs œuvrent à l’accès à la santé et au logement, et à l’inscription des sans-papiers dans des lycées et à l’Université, pour leur garantir une formation qui leur donnera plus facilement accès à l’emploi. Et surtout, qui pourra les aider à obtenir des papiers. Car faire partie d’un groupe, d’un milieu, que ce soit à la fac ou en lycée, c’est déjà « s’intégrer », c’est montrer qu’on veut en être et ça peut jouer en faveur d’une demande d’asile. Même si les demandes d’asile accordées sont peu fréquentes. Alors en attendant, il faut rester solidaires, et organiser cette solidarité : participer aux associations existantes, proposer ou trouver des solutions d’hébergement, diffuser les informations, organiser manifestations, rassemblements, collectes solidaires. Pour dire encore une fois et avec force : « Nobody Is Illegal! »

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